La densité osseuse et l'exercice physique
Extrait de la chronique "Vivez-santé, vivez heureux"
Le Journal de Montréal, 18 août 2000

Une étude impliquant des joueurs de soccer vient mettre en doute la thèse voulant que le fait de s'activer physiquement durant la période de croissance et la première partie de l'âge adulte, apporte des bienfaits durables sur la densité osseuse et contribue à prévenir les fractures osseuses.

L'étude en question montre plutôt que ces bienfaits s'estompent avec le temps. La personne qui ne demeure pas physiquement active tout au long de sa vie ne peut pas jouir d'une protection continuelle, même si elle a fait beaucoup de sport lorsqu'elle était jeune.

Dans cette étude, la densité osseuse des joueurs de soccer a été mesurée. Dans ce groupe, on comptait 22 joueurs actifs et 128 anciens joueurs. De plus, 138 autres individus servaient de contrôles.

L'âge moyen des joueurs actifs était de 22,9 ans. Ces individus jouaient au soccer depuis au moins l'âge de la puberté. Au moment des tests, ils constituaient l'élite dans leur discipline. Dans le cas des anciens joueurs, ils étaient retirés depuis, en moyenne, 22,6 ans. Un peu plus de 50% de ces anciens joueurs sont demeurés actifs sur le plan physique. Chez les individus servant de contrôles, 60% étaient sédentaires.

Comme il fallait s'y attendre, ce sont les joueurs actifs qui présentaient la plus haute densité osseuse. Dans le cas des anciens joueurs âgés de 40 ans, l'avantage de la densité osseuse était deux fois moins grand que chez les joueurs actifs. Chez les ex-joueurs de 50 ans, cet avantage était quatre fois moins grand que dans le cas des joueurs actifs.

Ces statistiques montrent clairement que les bienfaits de l'activité physique ne durent pas éternellement. L'individu qui cesse de s'activer physiquement perd une partie de sa densité osseuse. La perte est d'ailleurs assez marquée. C'est ce qui a fait dire aux chercheurs que sans l'utilisation des muscles, on perd nécessairement de la masse osseuse.